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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 10:43

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/dominique-zinenberg-fissures-d%C3%A9t%C3%A9/france-burghelle-rey

Fissures d'été, Dominique Zinenberg, Editions du Cygne, Paris, 2014, 10 euros

Dès le début du recueil la succession des haïkus se caractérisent par une énumération de faits réels et poétiques, avec comme sujets animés le " tu " et " les amants ", qui organise le récit jusqu'à sa conclusion. On se réjouit des apostrophes atténuées – il en est d'ailleurs ainsi pour le lyrisme dans l'ensemble du texte - par le travail délicat sur les sons. Avec leur aide les strophes sont transformées en autant d'appels sincères et chaque haïku est comme une perle d'un collier de larmes.

Rêves - c'est la nuit avec la présence insistante de la lune -, sentiments et visions s'accumulent :

" Cela gît

Cela geint,

Ce sont des haïkus "

Chacun d'eux, tel une touche de peinture symboliste, représente, par exemple, l'enfant ou la mer.

Mais cette forme est aussi le lieu de questions avec leurs réponses impossibles. La brièveté, en effet, se prête ici, en tous points, au doute.

S'ajoutent à la lune et à l'enfant encore d'autres récurrences, celles de la mendiante et de l'effacement qui donnent au texte sa cohérence dans " l'été finissant ". Et, quand s'éloigne cette saison trop chaude et douloureuse, meurt alors l'inspiration.

Après Fissures d'été, deux autres volets opèrent quelques fantaisies dans la versification mais les strophes encore brèves restent au service de l'émotion à transmettre. Dans le premier, En chemin, la nature est le cadre apaisant à la fois de l'attente et d'un passé qui surgit sous forme de " lambeaux ". Les blessures anciennes font hésiter la description entre " chardons " et " papillon ", entre nature pesante et nature adjuvante. Tout au long de cette marche sons et chants divers rythment " la louange de rien".

Puis, avec Passe-temps, vient l'espoir qu'exprime une incantation à " l'année nouvelle " interrompue par des vers assertifs sur la beauté comme " La beauté s'est ouverte à minuit ". Alors peuvent, dans une certaine avidité, s'éveiller tous les sens.

Il reste à dire, pour un recueil qui offre à son lecteur un spectacle complet, la traversée du pont jusqu'au printemps, la convocation des éléments et l'échange des voix.

France Burghelle Rey ( mai 2015 )

Dominique Zinenberg : Fissures d'été,

par : France Burghelle Rey

Dès le début du recueil la succession des haïkus se caractérisent par une énumération de faits réels et poétiques, avec comme sujets animés le " tu " et " les amants ", qui organise le récit jusqu'à sa conclusion. On se réjouit des apostrophes atténuées – il en est d'ailleurs ainsi pour le lyrisme dans l'ensemble du texte - par le travail délicat sur les sons. Avec leur aide les strophes sont transformées en autant d'appels sincères et chaque haïku est comme une perle d'un collier de larmes.

Rêves - c'est la nuit avec la présence insistante de la lune -, sentiments et visions s'accumulent :

" Cela gît
Cela geint,
Ce sont des haïkus "

Chacun d'eux, tel une touche de peinture symboliste, représente, par exemple, l'enfant ou la mer.

Mais cette forme est aussi le lieu de questions avec leurs réponses impossibles. La brièveté, en effet, se prête ici, en tous points, au doute.

S'ajoutent à la lune et à l'enfant encore d'autres récurrences, celles de la mendiante et de l'effacement qui donnent au texte sa cohérence dans " l'été finissant ". Et, quand s'éloigne cette saison trop chaude et douloureuse, meurt alors l'inspiration.

Après Fissures d'été, deux autres volets opèrent quelques fantaisies dans la versification mais les strophes encore brèves restent au service de l'émotion à transmettre. Dans le premier, En chemin, la nature est le cadre apaisant à la fois de l'attente et d'un passé qui surgit sous forme de " lambeaux ". Les blessures anciennes font hésiter la description entre " chardons " et " papillon ", entre nature pesante et nature adjuvante. Tout au long de cette marche sons et chants divers rythment " la louange de rien".

Puis, avec Passe-temps, vient l'espoir qu'exprime une incantation à " l'année nouvelle " interrompue par des vers assertifs sur la beauté comme " La beauté s'est ouverte à minuit ". Alors peuvent, dans une certaine avidité, s'éveiller tous les sens.

Il reste à dire, pour un recueil qui offre à son lecteur un spectacle complet, la traversée du pont jusqu'au printemps, la convocation des éléments et l'échange des voix.

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Published by FRANCE BURGHELLE REY - dans NOTES CRITIQUES
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