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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 19:21

Note critique sur

Temps qui installe les miroirs, Nicole Brossard, éditions du Noroît.

http://www.recoursaupoeme.fr/…/fil-de-lecture-de-france-bur…

Dès le poème d’entrée s’expriment le pouvoir des mots, leur incidence sur l’être et le corps puis vient un constat d’expérience, celui que « trop de bruit sous la langue trot d’effroi ».

Tercet après tercet, au moyen d’une langue qui circule, épurée, la maîtrise du temps, la peur et la mort sont exprimées d’une manière optimiste qui tutoie le lyrisme :

« on peut facilement frôler la mort »

« cédilles ou virgules affamées de sens »

« nouvelle peur dans l’imaginaire »

Alors la narratrice, audacieuse, n’hésite pas à désarticuler la phrase, nominalisant des propositions, pour parler de ses « paradoxes » et pour introduire le prosaïque : « l’amertume sous forme d’asperges » ainsi que le familier : « now la vie ». Vie, d’ailleurs, imparfaite : « laine tirée lacet défait » même si « on vit rapproché du ciel ».

Mais c’est dans la joie, « aux sources de tendresse », que se trouve la solution : « tu devras devenir ton propre temps ».

Dans la dernière partie de cet opus le langage se ferme et offre son mystère en même temps que la poète affirme une identité qui reste à décrypter : « je suis parfois sept jours / une chute une lame d’eau…une invention / une analogie ». Puis elle insiste sur l’aspect obscur de ses actes et de ceux de ses pairs : « dans l’abstrait nous montrons nos tatouages ».

Les mots, pour revenir au début, ont pris ici véritablement le pouvoir. Ainsi peut l’emporter le jeu sur le signifiant : « chaos carotide » puisque le sens va en s’effritant. Et s’il y a joie « prodigieuse », elle se trouve dans « l’obsession des mots » cette fois encore.

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Published by FRANCE BURGHELLE REY - dans NOTES CRITIQUES
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