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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 12:38

http://fr.calameo.com/read/001677772215f2dc7a556 :

Révolution II, France Burghelle Rey

Paysages écrits N° 27

Juillet 2016

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La vraie vie est poésie

Les onze courts textes en prose ont été achevés, nous avertit l’auteure, « une semaine avant le vendredi 13 novembre 2015 ». Si ces poèmes s’avèrent en effet prémonitoires, même sans ledit avertissement, notre lecture aurait été très sensible à la révolte – permanente ! – dont les poèmes sont imprégnés :

« Les temps sont venus d’abolir la beauté et je préfère hurler Voilà qu’on décapite Jeunesse haïe foulée aux pieds et mise à nu Quand je pleure sans espoir de naissance nouvelle tendresse en berne mes gestes sont en jachère et mon poète est mort ».

Ce sont des poèmes « couchés », les vers sont mis l’un après l’autre, sur l’horizontale, mais on sent bien que chaque poème est debout et que chacun des vers aurait très bien pu être écrit / mis l’un après l’autre, sur la verticale.

« La révolte vibre sur mes réseaux » – j’ose dire que ces poèmes ont même prophétisé Nuit Debout, d’il y a quelque temps en France.

Alors la force des poèmes de France Burghelle Rey est en-deçà et au-delà des circonstances sociales, historiques : sans les ignorer, ils les comprennent (à leur insu).

« l’orage ne m’émeut plus » : car l’injustice, les inégalités prennent le dessus sur la nature, mais surtout même une nature déchaînée ne peut plus nous impressionner ou elle est juste poussée en toile de fond, quand des forces humaines déchaînées aussi sont beaucoup plus prenantes : « le désespoir comme drogue ». Et surtout : « mes gestes sont en jachère et mon poète est mort ».

La mort de la poésie - « Oui j’abolis mon écriture » - quand la vie et les paroles ne font pas un : « Je n’ai pas pu hier descendre me battre dans la rue c’était l’indifférence devant des anges en danger ».

Peut-on trancher entre les deux ? « Je veux choisir la vie comme ils choisissent la beauté ceux qu’on veut faire mourir mais il faut d’autres armes que celle du stylo et j’abomine les frappes ».

Mais la vie du poète est… poésie : « Et je n’écris pas je me rends au jardin m’assois au pied des arbres mes larmes sont rosée ». Quoi qu’il fasse, son écriture est là, rosée pour la vie des lecteurs.

La beauté ne peut pas être abolie : ni la beauté des vies, ni la beauté de la Poésie.

L’existence du poète est finalement poésie : il faut écrire les vers pour dire si bien qu’on n’est pas poète. Ce livre n’est, finalement, qu’une GRANDE ANTIPHRASE : la poésie est le phénix en lequel chaque poète est, finalement, changé, et non sans « hurler […] de joie ».

Les belles formules pour nous confirmer : « Mon texte se fait chanson pour célébrer la joie d’une nouvelle époque Je nous console ici des morts à venir ».

La poésie de France Burghelle Rey nous console, mais surtout elle nous réjouit par sa force et véridicité, pour ne pas dire, encore une fois, capacité prophétique.

Sanda Voïca

France Burghelle Rey,

Révolution II

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Published by FRANCE BURGHELLE REY - dans NOTES CRITIQUES
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