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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 08:52

Une lumière s'accorde, Martine-Gabrielle Konorski, Le Nouvel Athanor, 2016, 15 e

 

 

 

Comme le signifie le titre, la lumière est cet instrument dont le poète est l'accordeur. Dès l'incipit, un premier regard est posé qui examine l'activité essentielle de l'homme : la pensée et ce qui découle d'elle, la  parole.

 

Paradoxalement s'impose ensuite, au présent, une réflexion sur la nuit et en même temps qu'elle, sur le silence et la solitude.

 

Les vers libres s'égrènent, grelots d'un seul mot ou chutes de six syllabes. Des strophes longues ou courtes alternent avec des vers isolés. Une variété qui assouplit la lecture.

 

Pour revenir à la lumière, elle appartient au passé, jusqu'au superlatif : " Dans la nuit de la nuit " avec une exception qui privilégie la poésie et l'espoir : " cristaux de lune / sur ta joue ". Par ailleurs se trouve magnifié le corps qui est associé aux couleurs.

 

Six volets divisent le recueil et c'est la nuit encore que le deuxième évoque. L'importance du monde à rencontrer et celle du chemin à prendre s'y formulent conjointement à celle de la mémoire et des racines.

 

Les textes, alors, se succèdent et expriment des thèmes si riches et si denses qu'il est possible de les lire indépendamment les uns des autres. Des fils conducteurs ainsi s'entrecroisent qui relient à celui de l'attente et du mouvement le rôle, cette fois encore, de la parole ; " Vêtement du verbe / arraché d'une parole / innommée ". Thème également de la présence, celle de l'autre avec lequel se confondre : " Nos mains se sont perdues /  à travers le miroir ".

 

A cela s'ajoute la force des sensations parmi lesquelles le toucher l'emporte au moyen de multiples trouvailles :

 

"   Fragments de peau   

    qui s'entrechoquent

à la porte du vide ".

 

Puis l'actant au double genre laisse la place aux confidences d'un narrateur unique plus proche, soudain, de la lumière : " Un lâcher de colombes / a éclairci le ciel " et à son dialogue avec deux ou plusieurs interlocuteurs.

 

La seconde partie de l'opus ne déçoit pas le lecteur qui se laisse surprendre par l'abondance des isotopies; celles-ci frôlent la métaphore sans se livrer aux clichés :

 

" Se taire sous les mains

                  de l'amour inconnu

Guérir les saisons

                  qui se cognent à la lune ".

 

La poète, de plus, ne se perd pas en vaines abstractions. Elle est l'observatrice d'un monde dont elle veut, en démiurge-ouvrière, restituer le mystère et la beauté : " A la croisée des feuilles / bruissement d'autres planètes " ou " Se déplie la fleur / sous la feuille / Flottant dans le courant du ciel ".

 

Et, même si, comme il est dit plus loin, il ne reste que des " murmures "  et " l'Enigme de la solitude ", " L'aube est en vue " et, avec elle, la joie et l'espoir jusqu'au " Bonheur intolérable ".

 

 

 

                                                                                      France Bughelle Rey ( novembre 2016 )

 

 

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Published by FRANCE BURGHELLE REY
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