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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 16:09

                       

 

Dans L'Arrière-pays, Yves Bonnefoy parle d'un ailleurs qui a toutes les chance d'être ici.

 

Producteur de missives, " le marcheur bouleversé " progresse dans l'écriture et par là dans l'identité et l'altérité.

 

Avec la fuite incessante de l'horizon, métaphore du poème, et véritable " atermoiement métaphysique " ( Parlant seul,  Christian Hubin ) le voyage peut apparaître comme un leurre, la marche tourne en rond comme la terre elle-même.

 

Seule est insubmersible la barque des mots. Le savoir qu'ils supposent et qu'ils dispensent est l'expérience initiatique depuis Dante et c'est l'émotion qui, dans son étymologie même (movere: faire bouger), fait avancer.

Ce mouvement vers " autre chose " que Rilke appelle l'ouvert est bien celui de la poésie contemporaine.

 

Comme tout est voyage, puisque nous vivons dans le temps, les dates qui veulent neutraliser le hasard sont peut-être arbitraires et vaines mais servent d'étapes au laisser-partir, au laisser-parler.

 

Chaque texte est un périple mental et s'il ne s'agit ici que d'extraits d'un recueil de cent textes,

c'est qu'il faut savoir se contraindre dans des limites heuristiques.

 

Le contre-exemple extrême est l'insolence punie d'Icare " volubile " (qui se meut). Comme le poème, Villon le disait déjà, est un testament, l'homme-oiseau en laisse un ici: le poète, écrivain ou lecteur, léguera à ses enfants ses astres" pour qu'ils en fassent une constellation ", sans doute celle de Pégase, l'inspiration poétique.  

 

Mieux vaut se mirer dans Janus, double visage du passé et de l'avenir tous deux dangereux, qui choisit le présent. De janvier en janvier, le branle-bas ne sera qu'éphémère et le poète restera l'explorateur de l'inconnu de la langue et de l'autre. N'écrit-il pas " Tu es à toi-même un voyage/le monde à toi seul tout entier "?

 

La tentation toute baroque du mouvement s'ouvre vers la recherche intemporelle de l'un et de l'autre qui reste, de toute évidence, l'ultime quête de la trilogie.

 

Pour l'auteure, la rencontre première a été celle des maîtres: Pierre Reverdy, Georges Schehadé, Lionel Ray et combien d'autres tentés par toutes les formes de voyage. Elle ne saura jamais assez les remercier.

 

 

 

                                                                                           France Burghelle Rey

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by FRANCE BURGHELLE REY - dans RECUEIL - Odyssée en double
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Suzâme 09/07/2014 08:18

Bonjour France,
C'est à l'occasion de votre première visite sur mon blog Facebook, je viens me poser sur cet article de votre plume littéraire à souhait. Me permettez-vous d'en extraire : "...Seule est
insubmersible la barque des mots..."? Je suis présidente de l'association Nanterre poéVie : http://nanterrepoevie.e-monsite.com/
et j'aimerais que votre expression si suggestive inspire nos visiteurs. Serait indiqué le lien de votre blog.
A bientôt. Suzâme

FRANCE BURGHELLE REY 28/07/2014 22:02



Bonjour,


Désolée de ne vous répondre qu'aujourd'hui mais je viens seulement d'ouvrir ma boîte gmail. Je vous donne bien sûr l'autorisation d'utiliser toute citation de mon texte en espérant qu'il ne soit
pas trop tard pour ce que vous espériez en faire.


Je vous souhaite un bel été.


bien cordialement.


France Burghelle REy



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