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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 23:08


A    Premier état

 

Tu chuchotais tes only you

quand je criais

c'est fini Capri

 

Nul regret exprimé par

nos gorges endeuillées

Nous courions sur des dunes où

le sable était cendre

 

Cendres de tes ailes sans cesse

brûlées ô notre phénix

De ton arbre tombent les mots

de nos poèmes

 

         Le texte relu a je ne sais quoi de particulier. Il me semble se situer quelque peu du côté de" l'évidence poétique ". Mais il est cependant bancal et manque totalement de " travail " comme s'il avait été bâclé. J'ai toujours pensé qu'il fallait se méfier du premier jet et d'une certaine facilité. Cela a été le cas pour ce texte.

 

B    Deuxième état

 

I

 

La première strophe subit des changements importants dont il s'agit ici de montrer les étapes. Il me paraît plus intéressant de généraliser " only you " en remplaçant " tes " par " des ". Puis au vers 3 j'ajoute " cruel " pour casser le rythme et renforcer " crier " du point de vue du son et du sens. De toute façon il fallait un quatrième vers au douzain et l'adjectif est bien plus qu'une sorte de cheville. Il est également d'autant plus intéressant que son isolement le met en relief et qu'il peut se rapporter autant au destinataire qu'à l'émetteur. 

Mais je suis très loin d'être satisfaite et la strophe reste à l'état de friche.

 

II

 

Le vers 6 me gêne. Le mot " endeuillées " a besoin d'une précision. En effet il s'agit des amours de jeunesse qui se font et se défont et le lecteur doit, sinon être éclairé, du moins participer au regret et ressentir l'émotion  qui définit pour moi en grande partie la poésie.Je fais donc dans ce but précéder le participe passé du complément de manière " sans cesse ".

 

III

 

Au vers 3 " sans cesse " devient " sans arrêt ". Par souci d'un certain chant je garde la même  préposition.

Les deux substantifs qui décrivent le phénix sont des mots-clés et me laissent très hésitante. Pour cette deuxième étape je laisse " corps " à la place d' "ailes ", quitte à risquer une allitération trop appuyée.

A la place d' " arbres " au vers 11 je pense à " ailes " ou à ce mot " arches " que j'ai employé dans ce texte de mon recueil Lyre en double :

              

                  Ma poésie ma troisième fille

j'ai tort d'attendre la fin de notre accouchement

                   ma poésie mon phénix fabuleux

du Japon où tu vis

tu voles d'arche en arche

jusqu'à forcer ma porte

 

Mon travail aboutit au résultat suivant :

 

Tu chuchotais des only you

quand je criais

cruel

c'est fini Capri

 

Nul regret exprimé par

nos gorges endeuillées

Nous courions sur des dunes où

le sable était cendre

 

Cendres de tes ailes sans cesse

brûlées ô notre phénix

De ton bûcher naissent les mots

de nos poèmes

 

 

C  Troisième état

 

I

 

Je désarticule alors la strophe car " tu chuchotais " m'est apparu soudain naïf:

 

Chansons des sixties

à nos only you

on ajoutait Capri

et on se séparait

 

Puis je m'aperçois que " paroles " est plus discret que " chansons ". Je remplace aussi " nos " par "  leurs " comme déterminant d' " only you  " car le sens était trop gauchi par rapport aux acteurs de la première personne puis choisis de faire précéder l'expression de la préposition  ""après " dans un souci de précision chronologique.

Enfin j'ai l'idée de mettre " finissait ", trouvaille heureuse et bien meilleure qu' " ajoutait " pour Capri. La chute se fait d'elle-même avec le verbe " se séparer " qui clôt le texte et annonce " endeuillées ". Et, pour l'harmonie générale du poème, je décide d'employer la première personne du pluriel jusqu'au dernier vers.

II

 

La strophe 2 reste inchangée.

En relisant des documents sur le phénix je fixe mon choix finalement sur le mot " bûcher " à la place d' " arbre ". Il sera le troisième mot d'une métaphore maintenant filée.

 

 

N.B. Ce texte final est en fait la suite d'un poème écrit le 3 août 2009 que je décide de livrer ci-dessous  :

 

 

                                                                                                                     à Robert Walser

 

Voilà que j'ai filé au rouet

 ma vie de l'odeur du lilas

au sourire Kennedy j'entends la musique

des sixties Odeur de terre mouillée

 

les nuits où je t'attends mes années

sont perdues

j'écris et j'apprivoise mes mots

avec le cœur qui pleure mais les yeux secs

 

O tout ce  bleu que je vois je veux

t'en faire crédit

te dire je suis né au printemps et

t'empêcher de mourir dans la neige

 

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Paroles des sixties

après leurs only you

nous finissions Capri

et nous sous séparions

 

Nul regret exprimé par

nos gorges sans cesse endeuillées

Nous courions sur des dunes où

le sable était cendre

 

Cendres de ton corps sans arrêt

brûlé ô notre phénix

De ton bûcher naissent les mots

diamants de nos poèmes

 

 

                                                                                              

 

                                                                                              

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Published by FRANCE BURGHELLE REY - dans GENESES OU CHANTIERS DE POEMES
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