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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 22:54

                                                      

 

réservoir : froisser  -  discret - tiroir - bleu fillette  -  stylo blanc – vacances - orties

 

L'inspiration se fait dans un premier jet et une spontanéité voulue par un souci premier de  " vérité " :

 

I

 

J'ai trouvé le bout de la nuit

souvenir discret du froissement de

ta robe bleu fillette et de ma colère quand

tu me piquais sans cesse le Visor pen

--------------------------------------------------------

La beauté balbutiait écrite à

à  l'encre du stylo blanc tu

t'en fichais des vacances suivantes

à l'âge

--------------------------------------------------------

Je crains de ne plus avoir peur après

ce souvenir de cesser de nourrir

ma mémoire                    quand

je regardais tes doigts courir sur le papier

 

II

 

Reprise du texte en friche et  incomplet ( vers 8 et 11 ) :

 

 

Strophe 1 :

 

A la fin du vers 1 j'ajoute " dans" puis rejette " le" au vers 2. La phrase s'alourdit mais le procédé de nominalisation est devenu conventionnel à mon sens, à force d'emplois, en tout cas dans mes textes récents.

Au vers 4, j'hésite à laisser une familiarité inhabituelle dans mon écriture et qui pourrait être artificielle, arbitraire. Puis je change le vers 3 en le terminant  par " quand "et  remplace, pour finir, " tu me piquais " par " tu te servais ".

 

Strophe 2 :

 


Le début de la strophe est inspirée par une commande de postface dans laquelle je devais expliquer mon rapport à la poésie et où j'ai eu plaisir à remonter jusqu'à l'enfance et à ma collection de stylos dont le plus beau de marque " Visor pen ", avait, tel le cou d'un cygne, un long corps fuselé blanc.

A la fin du vers 6, je supprime le pronom personnel " tu " car l'adresse à l'autre semble hors-sujet.  L'enfance, dans mon nouveau  recueil en cours, arrive à se chanter à force d'anamnèses qui concernent parfois, comme ici, mon seul rapport au monde.

Mais je ressens le besoin de créer un effet de surprise et personnifie la beauté en la faisant sujet du deuxième imparfait " s'en fichait ", trouvaille familière inspirée par le début d'un texte d'Alain Duault.

Grâce au réservoir de mots glanés en général dans mes lectures du jour ou, plus rarement, qui me viennent à l'esprit dans l'émotion produite par le texte en train de se faire, je me sers du mot " orties " ébauchant alors le vers 8 que je ressens comme provisoire.

 

Strophe 3 :

 

Comme la nominalisation, à la première strophe, l'absence de liaison au vers 2 me paraît ici une facilité. Et, paradoxalement, sa légèreté n'est - elle pas lourde d'anticonformisme  ? Alors j'ajoute, bien que cela soit plus prosaïque " mais si je " et dois enlever " sans cesse " au vers 4 car la répétition ne serait en rien signifiante.

Il me reste à trouver les mots qui manquent à l'avant-dernier vers. L'inspiration me vient par la logique du sens :  j'écris " j'oublierai de dire ici ma joie " en supprimant " quand "maintenant de trop et qui correspondait à une répétition involontaire du premier jet. La substitution du présent à l'imparfait pour le verbe " regarder " apporte un changement conséquent au sens texte.

J'aime bien les deux points - je tiens à terminer ainsi ce vers - qui réintroduisent, d'après moi, avec un effet de surprise et une possible originalité, une ponctuation toujours absente chez beaucoup d'auteurs.  

 

La deuxième version  qui suit  me semble meilleure mais en aucun cas  définitive :

 

 

 

J'ai trouvé le bout de la nuit dans 

le souvenir discret du froissement de

ta robe bleu fillette et ma colère quand

tu te servais du Visor pen

--------------------------------------------------------

La beauté balbutiait écrite à

l'encre du stylo blanc et

s'en fichait des vacances suivantes

à l'âge où l'on supporte la brûlure des orties

--------------------------------------------------------

Je crains de ne plus avoir peur après

ce souvenir  mais si je cesse de nourrir

ma mémoire j'oublierai de dire ici ma joie :

je regarde tes doigts courir sur le papier

 

 

III

 

Je décide de laisser " reposer " le texte avant la troisième et dernière version et du même coup mûrir ma réflexion autant sur le style, le rythme que sur le sens de certains vers.

 

 

Strophe I

 

Je me trouve  satisfaite du début puisque le vers 1 correspond à mon sentiment présent, la joie d'entendre enfin le chant, ici celui de l'enfance, et d'arriver à le reproduire.

Au vers 2 les sonorités gutturales  font contrepoids à la douceur du sens. mais je supprime de toute façon l'adjectif " discret " qui fait pléonasme avec  " froissement ".

Enfin je remplace  " tu te servais " par " tu me prenais " car je trouve que le verbe " prendre " est plus agressif et s'allie au sentiment de colère. La signification de cette habitude sera donnée au dernier vers.

 

 


Strophe 2

 

 


Je ne change ni les deux premiers vers avec lesquels j'entretiens un rapport affectif et choisis de me risquer à laisser une audace avec le troisième ; mais le vers 4 ne me paraît pas pouvoir rester en l'état car le début fait hiatus" à -  où - on " et je le simplifie en mettant à la place " à l'âge où les orties vous brûlent ".

 

Strophe 3

 


Je renforce l'idée de souvenir en remplaçant le démonstratif " ce " par l'indéfini " tel " et j'hésite pour ce même vers 2 à remplacer " nourrir " mais préfère laisser une image concrète correspondant à l'esprit du recueil.

Je termine en supprimant  au vers 3" ici", en fin de compte, lourd et banal.

 

 

 

 

 

J'ai trouvé le bout de la nuit dans 

le souvenir du froissement de

ta robe bleu fillette et de ma colère quand

tu me prenais le Visor pen

--------------------------------------------------------

La beauté balbutiait écrite à

l'encre du stylo blanc et

s'en fichait des vacances suivantes

à l'âge où les orties vous brûlent

--------------------------------------------------------

Je crains de ne plus avoir peur après

un tel souvenir  mais si je cesse de nourrir

ma mémoire j'oublierai de dire ici ma joie :

je regarde tes doigts courir sur le papier

 

 

 

 

 

                                                                                                                 

 

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Published by FRANCE BURGHELLE REY - dans GENESES OU CHANTIERS DE POEMES
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