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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 05:50

Naissances d'argile, Joëlle Pagès-Pindon, Editions du  Frisson  esthétique, 2010, 13 euros

 

( Avant-propos :

Mon premier réflexe, avant de lire le recueil de Joëlle Pagès-Pindon, a été d'aller voir la Table et j'ai immédiatement été frappée par la richesse et l'originalité des termes choisis pour les titres. Il m'est resté alors l'envie, dans l'enchantement de cette page qui embrasse le monde, de l'utiliser comme réservoir de mots pour créer, à mon tour,  un nouveau langage. )

 

 

Ce qui frappe tout d'abord, à la lecture des premières pages, c'est l'exigence apportée au travail des mots et du style, la maîtrise  d'une écriture où rien ne semble avoir été omis.

Ainsi le poème liminaire arrive-t-il à exprimer l'ineffable et, par sa concision et le choix des termes, à développer le sens oxymorique de son titre " L'écho d'une absence". " La " Parcelle d'infini ", qui est aussi un vide appelé "Rien " prend vie  par la typographie et par les majuscules. De la strophe I à la strophe III un camaïeu, qui de la couleur blanche passe à celle de l'argile et de la glaise, évoque subtilement l'absence et en est bien son écho poétique.

Après ce cri initial, les " arbres voraces " , avant le constat de la non-existence,  du " Hors-JE " sont un symbole de vie et, par son allitération gutturale, l’expression " corps tronqué à l'équerre " mime véritablement l'angoisse.

Comme celle de l'arbre, il y a plus loin " l'humaine verticalité " d'un funambule qui est aussi sur l'horizontale du temps. Ce " fil étiré de l'avant à l'après " se retrouve nommé, à l'aide d'une métaphore ingénieuse, dans le titre suivant " Diptyque ". Dans cet espace-temps s'opposent en deux colonnes sémantiquement opposées ciel et terre.

Puis, comme dans les rêves où  se font les analogies, " Portes battantes " illustre  la section « Enclos d’ombre » et voici édifiée une construction nommée " portail de bois ". Sur sa gauche s'annonce Osiris et en plein mitan " Isis est là " faite de " terre grumeleuse et de fer rougeoyant ". La métaphore matérielle sera filée ici même in absentia avant que ne soit clairement nommé un mobilier cette fois entier et tout autant symbolique. Mais que va-t- il naître de l'embrassement des deux divinités ? Comme Osiris, grâce à la magie d'Isis, - la mythologie le dit bien -  peut revivre et, avec lui, sa puissance créatrice, leur rencontre métonymique  provoque l'interrogation du lecteur qui se demande ce qui va naître de cette nouvelle expérience, à vrai dire, poétique.

Dans la suite de la section, la paronomase de " Vaisselier vaisseau ", qui, au-delà du sens, rend les mots aimables pour leur musique, est encore un signe de créativité et nous entraîne dans l'originel, " la mère première".  La poète, en parfaite étymologiste, part de la matière, donc du concret, de l'objet et, après Rimbaud et son célèbre buffet, décrit aussi l'armoire " à l'arc en plein cintre ", annonce de la circularité qui sera évoquée plus tard. Ce poème mérite d'être cité pour son équilibre, son harmonie formelle et sémantique. Et c'est ensuite que sert de chute "Le chiffonnier Louis XV " où les " berceaux ", servent d'images aux catacombes et sont "mort-nés ". Y tombe, en effet, " le couperet de marbre", provoquant la fin apollinarienne des deux derniers vers : " Cou froid / Sectionné ". S'il y a bien ici une vie morte, il y aussi une mort vivante et c'est "Le fol paradoxe de la mort sous cape / Qui bourgeonne / Et fleuronne ".

Il faut noter que, même dans le constat le plus abstrait, Joëlle Pagès-Pindon sait rester ancrée dans un réel attachant ; après les " anges dorés " du chiffonnier, elle nous offre une description et une narration finement ciselées dans deux poèmes aussi surprenants que percutants : " Les argents oubliés " et " Le flacon précieux ".

Le titre de la section III " Bruissements des mots "  se justifie dès le premier poème" Pays paysages " et confirme un vrai parti pris de musique. C'est avec le deuxième texte  où l'arbre éponyme est magnifié - l'incipit avoue :  "  A / L'écrire / C'est le ciel et la terre /  Réunis "    - que  l'enchantement atteint  son comble. L'enfance et ses contes y revivent dans leurs forêts et la présentation des lieux touche alors au baroque car ce sont autant de " grandes voûtes sonores " que  de " jungles parfumées " et de " bois calcinés pétrifiés ".

Cette ouverture se poursuit et prend la forme demi-circulaire des voûtes avec " la rotonde du calice " et le " sein de l'espace " de " Coupole ". Le thème est redondant jusqu'à la fin du texte qui dit : " Mamelle / A enclore débonnaire / L'imparfait / Du grand ciel ". Puis une certaine intimité se fait au travers du poème " Eglise " . Celui-ci déploie  " L'efflorescente moisson / De ses croix dénudées " et fait sentir encore cette tension qui, dans le recueil, alterne avec des pauses. La description suivante, dans laquelle la rose est à la fois repos et " point d'orgue",  en est justement un exemple.

C'est alors que s'exprime, dans une poésie sans pathos et sans complaisance, un certain lyrisme jusque là distancié. A l'apostrophe " O la froideur des flammes " s'ajoute une suite de questions inquiètes  qui sont autant d'expressions du " je " en quête. Mais, tournant le dos à la facilité du ton, l'écriture pousse la langue dans son retranchement. Ainsi le fait-elle dans " Miroir placide " où est décrit un monde qui se délite au point de faire froid dans le dos.

L'auteure de Naissances d'argile a du souffle. Pour continuer la lecture, il faut également prendre sa respiration et lire d'un seul trait des poèmes au rythme et au sens circulaires. Sans cesse, auparavant, s'entrelaçaient des isotopies qui regroupaient les champs lexicaux des différents règnes qu'ils soient minéraux, végétaux ou animaux. A celles-ci s'ajoute désormais l'image du cercle dite ou suggérée et c'est bien elle qui, jusqu'à la fin du recueil, prédomine sur les autres figures géométriques, ellipse, triangle ou rectangle. Le poème " Cérémonie " rappelle la récurrence de la demi circularité avec " la scène " et " la touffuse corolle " tout en annonçant, à l'aide de l'image du " galet ", ce thème du cercle, symbole de la perfection et  de l'idéal à atteindre, qui sera développé dans " Temps circulaire " par des mots et des expressions comme " le discobole ",  " la pupille arrondie ", " les confins rebondis de la circonférence ". C'est sur le naufrage du vaisseau-berceau qui se fend et met fin au désir " D'embrasser / Et d'enclore / La mouvance du temps " que s'achève ce texte.

Mais le cercle représente aussi l'angoissante condition humaine. Le poète, et tout homme à travers lui, pour l'oublier, aspire à la verticalité et cela même si l'arbre est " inachevé ". C’est pourquoi,  alors que la cathédrale, symbole sacré de la verticalité, est " castrée ", le saut à la corde, à la fois circulaire et vertical, peut être, en conclusion, à l'origine de la joie du poète-saltimbanque.

Par là, au lecteur averti – Apollinaire fait encore sentir son influence – sont données encore des joies et des surprise esthétiques. Il faut dire que le poème, digne, par sa technique et par son esthétique de la surprise, du génie d'Alcools, suscite un espoir à l'issue d'un texte poétique tendu par le questionnement.

Après la lumière, l'ombre se fait de nouveau et la tragédie, heureusement atténuée par un travail sur les couleurs, clôt le recueil avec l'Antigone et l'Ophélie de " Femmes de pierre ". Ce chromatisme, bien qu'il qualifie  le deuil et l’engloutissement, est une preuve de plus de vie.   

Le recueil s'achève sous le signe  de la géométrie, mais aussi sous celui de la sculpture et de la peinture car, pour Joëlle Pagès-Pindon, il ne semble pas y avoir de séparation entre les disciplines. La poésie s'est faite ici peinture et le livre lui-même est sculpture. Ainsi est tenue la promesse initiale prononcée dans le vocatif d' " Un livre à venir " : " Stèle traversée / Par le souffle du vent désirant / Voici que s'ouvrent et se soulèvent / Les pages / Paroles bruissantes de l'homme ".

Autant de " naissances d'argiles " que de poèmes magistralement créés ont eu lieu " dans " leur gangue de glaise " sous les yeux du lecteur attentif et admiratif.

 

                                                                                   France Burghelle Rey

 

 

 

 

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 05:07

Journal aux yeux fermés, Stella Vinitchi Radulescu, Editions du Gril, 8 euros

 

 Dans son nouveau recueil Stella Vinitchi Radulescu a choisi de tutoyer la prose mais à la poésie qui l'occupe encore elle confie de petits récits délicats comme autant de touches impressionnistes où la couleur justement, au même titre que dans son livre précédent Le jour en équilibre, a toute son importance : " Dans le noir il y a toute les couleurs. L'orange de notre amour, le gris perle de l'attente... ". Tous les autres sens sont du reste mobilisés de l'odorat au toucher et au goût dont elle dit :" j'ai oublié jusqu'au goût lui-même ". L'alternance des saisons, la succession des jours et des nuits  sont, elles aussi, récurrentes. Convoquées une fois de plus, elles ponctuent le texte en patchwork et fidélisent le lecteur. Ainsi celui-ci retrouve-t-il avec bonheur la présence permanente de la neige dans le souvenir comme dans la réalité de la narratrice : " La neige, la seule blancheur de ce temps-là. "   

 

Ces touches, souvent formées avec des coqs à l'âne, épousent le mouvement d'une pensée haletante entre la peur et la joie de vivre. Il s'agit bien d'un " courant de conscience " de l'esprit qui vaque d'une idée à l'autre, d'une époque et d'une saison à l'autre et qui embrasse le monde tentant, une fois de plus par l'écriture, de lui donner une unité face au sentiment d'impuissance exprimé en un cri : " Et je ne peux rien faire, mes pieds, mes pas... ". Mais heureusement " On se contente de peu, peu de tout. On dit merci de ce qu'on n'a pas. " Dans l'univers de la poète on n'est pas, en effet, à un paradoxe près. Au milieu " des cris, cris humains quand le vent souffle de l'est. " il y aussi  " le silence de tes mots " qui " pousse tout autour comme une plante fraîche couleur de cette vie. ".

 

Cet univers, ce qui le rend si attachant c'est la prégnance du quotidien. Actes, paroles, gestes donnent à la narratrice, qui pourtant a reconnu " la prison d'après les reflets du soleil et l'odeur du moisi ", la possibilité de se retrouver elle-même : " je découvre mon corps dans l'herbe."

 

Mais, bien que ces pages soient rédigées à la première personne, il n'y a pas, dans ce recueil qui s'impose comme journal, d'égotisme et l'indéfini " on " y a sa place jusqu'au dernier moment. C'est bien le destinataire, qu'il soit tutoyé ou vouvoyé, qui semble ici compté. Il est certain que le génie de Stella Vinitchi Radulescu permet au lecteur averti de faire, au travers des lignes, sa propre expérience d'introspection et, au critique, à l'issue de son interprétation, de se poser comme poète lui-même. Un passage est très clair à ce sujet : " Avec un bistouri à la mesure de chacun on extrait les pensées. ". Celle qui, à coup sûr, est à la fois l'auteure et la narratrice, a une parfaite connaissance de la littérature contemporaine et de sa capacité de  réception.  Elle fait nettement allusion au " lector in fabula " qui prend en mains un message dont sont interchangeables les éléments : "  On peut changer les pages, il n'y a aucun ordre. On peut effacer les lignes, en ajouter d'autres, combiner les faits. / C'est à vous de décider. "

 

Car il est vrai que seul semble compter le temps de l'écriture dans ces pages hésitant sans cesse entre le passé et sa nostalgie et un présent rédempteur où on se rencontre avec soi-même. Cette expérience des grands artistes dont l'un a dit un jour " il est si beau d'hésiter " et cette harmonie enfin trouvée se lit dans ce texte où, par ailleurs, l'on ne sait " même pas que la beauté existe ", " où  " Le temps prend vitesse " et où  " Soudain, on se retrouve trop vieux. ".

 

L'hésitation se fait aussi à propos des destinataires, pour reparler d'eux, quand le " tu " côtoie le " vous " et que le " nous " de ceux qui ont participé au vécu de l'écrivaine est relayé, comme il l'a été dit, par l'indéfini " on ", marque ici de l'incertain.

 

Le temps de l'écriture compte, le dirons-nous encore, au point que le livre est " vorace " et qu'il " s'agrippe " à elle, la narratrice, jusqu'à ce qu'elle en est " marre ". La familiarité, dans sa violence inattendue, fait alors naître l'émotion comme elle naît au moment où il est fait allusion au " Viol " de Matisse et détrompe le lecteur tenté d'associer poésie et facilité.

 

A la fin du diaire, une semaine s'achève, la beauté est enfin " palpable " et celle qui raconte en est venue au temps, cette fois, de la lecture. Le silence évoqué au début fait place " aux pensées des autres " à travers une image aussi belle qu'originale : " Alors je tourne la manivelle, je mets en marche le petit moteur, je les écoute..."

 

Mais ce qui reste  inchangé, c'est l'éternelle saison, " le poème sans fin " et " le mot infini " qui manifeste l'écroulement des choses. C'est aussi la jeunesse. Le texte prend alors des accents durassiens : " Non, vous ne pourriez jamais imaginer une telle jeunesse. " qu'on retrouve également à la toute fin du recueil : " J'habite une ville inconnue. "

 

C'est encore, pour finir, un livre que son auteure ne reconnaît plus, de même qu'elle en a méconnu les interlocuteurs, mais elle affirme cependant être " contente " puisque, d'après ce que " les gens disent ", " c'est là que commence le bonheur. ".

 

 

 

                                                                                                          France Burghelle Rey

 

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 05:06

Passant de la lumière, Béatrice Bonhomme-Villani, L'Arrière-Pays, 2008, 7 € 50

 

 

 

 

Dès la première page du recueil on est saisi par la force incantatoire des versets et on se souvient, à ce sujet, du goût de l'auteure pour la formule, la litanie, comme elle le dit elle-même, ( 1 ) qui, par son caractère sacré initial, sert ici parfaitement l'éloge funèbre du père.

C'est l'expression simultanée de l'absence et de la présence qui retient tout de suite l'attention du lecteur et une identification se fait facilement, dans l'émotion, entre lui et la narratrice même s'il n'a pas été frappé encore par un tel deuil. Pour peu qu'il ait lui aussi, cette filiale nostalgie, le tour est joué avant le deuxième chapitre.

La langue a son rôle dans cette réussite par la qualité de son vocabulaire et chaque mot, de plus, semble avoir été choisi avec minutie par la poète dentellière. Celle-ci, d'ailleurs, écrit " Tu habites la dentelle d'un corps délivré du temps " et plus loin parle de la " dentelle de tes mains d'os et de pierre ". Ainsi un camaïeu  de blanc et d'ivoire, qu'il s'agisse de la neige, de la nacre ou du cristal encore, domine-t-il ce premier chapitre dont la fin rappelle la force initiale :  font chute les derniers mots : " la pureté inoubliable / de ton élan vers le monde ". Il faut ajouter que dans un crescendo notable le tutoiement anaphorique a renforcé l'impression de fusion entre la fille et le père dont la présence va s'exprimer de façon oxymorique.

 

Au chapitre suivant, en effet, le dormeur incessant trouve une sorte de naissance dans son eau " originelle ", dans " ce placenta de pierre ". Le titre " nidification de la lumière " annonce  clairement le thème exprimé et tout un lexique exprime la vie, son cœur, son flux quand, lui, le mort qui a rejoint les limbes, " demeure " " porté " par l'amour de la fille devenue " mère ", porté aussi au creux de l'écriture. La nouvelle vie ici créée est celle permise par la poésie et il n'est que de redire le souhait de la poète " Tout, malgré la mort, reste émouvant enchevêtrement des fils de la vie. Mon poème aimerait rendre compte d'un commencement. ". ( 2 ) L'échange qui est évoqué semble se produire au-delà de deux cœurs, ceux d'un enfant et de son père. C'est l'échange entre la mort et le recommencement.

 

Puis vient  " Dans les silences du passeur " où les premiers mots " la pluie réveille les veines de la terre " montrent que la nature est remerciée, elle qui abrite le silence devenu verbe dans une célébration magnifique : " Sur la tombe, on s'est assis dans la caresse familière / de cette pierre où tu silences.". La paix enfin trouvée permet le retour à l'imparfait, à la pensée du passé et l'on apprend que le père offrait le monde qu'il détenait. Cette place laissée à la nostalgie est éphémère du fait de la fusion entre, cette fois, l'absent et la nature. Le début du dernier verset fait là aussi chute : " Mais ton cœur demeure le cœur battant du paysage " avant qu'un nouveau chant, plus superbe encore, ne célèbre " les fiançailles de la mort ".

 

Le choix des mots continue à faire les délices d'un lecteur qui découvre le terme inattendu de " kaléidoscope" et va de plaisir  en plaisir avec la musicalité des substantifs " encorbellement ", " tonnelle ", " magnolias ". On a, dans ce passage, confirmation du vécu sensoriel de Béatrice Bonhomme et son jardin d'enfance revit pour nous. Au milieu de l'inanimé, s'illumine un " visage ", présence mystérieuse qui redevient le " tu " du tant aimé auquel peut s'identifier la narratrice puisque, comme elle, il chante " à voix basse, / chantante, la chanson de l'autre rive…celle d'une berceuse de la pluie ".

 

A l'avant-dernier chapitre l'acmé est atteinte quand les symboles humains de la mort sont évoqués dans leur inévitable destruction et, ici encore, une anaphore " Il y a désormais " assiste l'incantation litanique. Mais malgré " la finitude de toutes les constructions ", " le précaire "et " l'absence infinie ", l'espoir reste grâce à l'amour de la fille, elle toujours en vie, qui crie pour finir " Et demeure mon amour pour toi par delà / les frontières de ta mort ".

 

Et, à la toute fin du recueil, c'est encore du chant qu'il s'agit. Dans " Passage du passereau " une variation sur un même thème, un leitmotiv délicat et symbolique définissent les dernières litanies propres, sinon à réveiller le défunt, du moins à ne pas troubler son sommeil. " Litanie, a dit Béatrice Bonhomme, au plus près de la pulsation du corps, du sang, des mots, créant d'abord chez le lecteur  comme un apaisement, un bercement, une sorte d'hypnose. "  ( 1 )

 

Jusqu'aux dernières lignes celle-ci ne renonce pas à la répétition qui est commune à la poésie et à la musique puisque " Le texte est lieu de partition, lieu musical. ". ( 2 ) Sa  partition, à elle, la fille, s'achève avec des jeux lexicaux autour du radical du mot " passereau ", l'âme peut-être de son père, dont la couleur bleue, rouge, ou grise varie tant il est beau d'hésiter. L'auteure de Passant de la lumière, attachée à la transdisciplinarité, a dit aussi : " poésie et peinture se recherchent. Auprès de ces artistes, les poètes ont pris des leçons de dépouillement " ( 2 ). Elle nous offre ainsi, en conclusion, le meilleur de son art, par la finesse de son estampe où la présence de la lumière et de la couleur est sensible. Comment mieux chanter et remercier le père peintre ?

 

Par la musique, le dessin et avec le rôle cathartique de la parole écrite et transmise, la mort est ici revécue dans la confiance mais aussi transcendée. En effet s'il convient de parler d'amputation due à la perte, il convient de parler aussi, grâce à cette poésie de célébration qui le sanctifie, d'une véritable résurrection du disparu.  

 

 

 

                                                                                               France Burghelle Rey

 

 

 

 

 

( 1 ) Entretien avec Serge Martin in Anthologie à plusieurs voix, Armand Colin, 2010

 

( 2 ) Entretien avec Rodica Draghincescu, Nice, 20 mai 2008

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

 

 

Béatrice Bonhomme-Villani, poète et essayiste, vit à Nice. Elle a publié des livres de poèmes, des récits, des pièces de théâtre ainsi que des articles et ouvrages critiques sur Pierre Jean Jouve et sur la poésie contemporaine. Professeur à l’Université de Nice, elle est responsable d’un Centre de Recherche sur la littérature, le CTEL, au sein duquel elle a créé en 2003 un axe voué à la poésie, Poièma. Elle a fondé avec Hervé Bosio, en 1994, la Revue Nu(e) qui a consacré à ce jour 45 numéros à l’oeuvre des poètes contemporains. Elle dirige la Société des lecteurs de Pierre Jean Jouve et les Cahiers Jouve. Citons les derniers livres parus : La Maison abandonnée(Post-face, Bernard Vargaftig, Melis, 2006), Mutilation d’arbre (Préface Bernard Vargaftig, Collodion 2008), Passant de la lumière (L’Arrière-Pays, 2008), Mémoire et chemins vers le monde (une étude qui s’inscrit comme un hommage à de nombreux auteurs contemporains (Melis, 2008) et Pierre Jean Jouve ou la quête intérieure ( Aden, 2008). La pièce La fin de l’éternité a été créée à Grenade en 2009.

 

 

 

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 06:02

A la rubrique " Chroniques de femmes " une analyse du dernier recueil de Stella Vinitchi Radulescu Le Jour en équilibre.

Et un texte de cette auteure in " Poésie d'un jour ".

 

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/chroniques_de_femmes_/

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 11:35

 


 

France Burghelle Rey le sait, on ne peut se cacher sous ses mots, y enfouir son secret, se sentir  « étranglée comme/une isadora/ par des farandoles de syllabes ». Le langage est la fleur – « larmes de prose-rires de poème » dit-elle excellemment – d’une réalité que le silence a recueillie. Il conjugue le « tu », le « nous », il est aveu retenu, refus, naufrage, lumière, pas comptés dans la neige ( vers qui ? vers quoi ? ). Il est chant. Il est privilège du poète dont la souffrance est d’avoir à  «  se taire/ pour trouver sa voix ».

                                                                                                J-P. G.

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 18:53

" Une poésie virile, c'est ce qui me vient à la lecture de ces poèmes, avec une prédilection pour les mots qui luttent. "

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 21:04

 J'ai le plaisir de voir publiés mes deux notes critiques sur Georges Badin et Patricia Laranco et des textes poétiques sur le thème " la poésie ". Rendez-vous au stand D5 de Jean-Luc Maxence et Danny-Marc au Marché de la poésie.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 18:17

Conférence poétique au François Coppée dans le cadre des mercredis du poète ( métro Duroc – voir google ) 

 

         

                    Sonnets de lieux mêlés, Laurent Desvoux

 

 

Ils font partie de Sonnets de 7 lieux, recueil de recueils sur différents lieux appréciés par Laurent Desvoux et dans la plupart desquels il aime écrire

 

 

I Tradition

L'art de Laurent se réfère, dès la première analyse, à la tradition. Le poète érudit,  qui ne s'occupe pas des modes, cultive une marginalité à l'intérieur de la marginalité poétique. Il fait partie de quelques poètes, comme, par exemple, Jacques Réda, qui n'hésitent pas à avoir recours au vers régulier.

Il va même plus loin que d'autres en choisissant avec audace la forme ancienne fixe du sonnet que certains ont malheureusement  " ringardiséé ". Mais le fait d'écrire des sonnets à la fin du XXe siècle est souvent fortement significatif : cela marque une prise de position contre les principes de l'écriture poétique moderne: rupture avec le passé, absence d'unité et de continuité, etc. ce que nous ne négligerons pas de démontrer dans l'œuvre de Laurent.

Regardons de près la définition du sonnet.

Sa forme régulière, symétrique et contraignante favorise la précision, la concision et la suggestion ( Baudelaire: " Parce que la forme est contraignante, l'idée jaillit plus intense"; elle empêche le poète de céder aux facilités du lyrisme. Les rimes et le mouvement des strophes permettent des jeux d'oppositions et de correspondances qui expriment les tensions, la complexité de la vie intérieure du poète. Le sonnet est donc caractérisé par une forte cohérence interne. En outre, il peut y avoir une parfaite concordance entre le contenu et la forme.

Dès le premier texte du recueil cette harmonie est bien là dans le travail de Laurent :

" Un amour à chercher l'autre dans l'harmonie

A passer mille fois aux carrefousr en croix ".

Ce texte, dédié à la femme de l'auteur Brigitte Moyon-Dyrek au pseudonyme poétique Brigitte Nuage, nous conduit à redire ici que dans son origine étymologique le sonnet, né sous l'influence des troubadours et des trouvères, vient de l'italien sonneto (diminutif de suono) qui veut dire petit son: le sonnet à ses débuts était chanté ou récité avec un accompagnement musical. Il n'avait alors qu'un seul contenu: l'amour allégorique et mythique. Laurent est bien Laurent le trouvère présent aujourd'hui au mercredi des poètes. L'ancien élève, maintenant prof, chante, dans une perfection classique, la beauté de son école.

Ses souvenirs d'écolier s'expriment dans des alexandrins parfaits :

 "  Vers le soleil les cieux, le portail est ouvert /Elèves en allers et retours d'odyssée " lit-on dans " Rouge éclat " et plus loin dans " Rappels ":

" Je me souviens encore d'un superbe jeudi /C'était le vingt d'un mois d'une année alliée/Où l'on s'était aimés "

Laurent écoute d'ailleurs bien sagement ce qui se dit ici. Ainsi a-t-il écrit aux membres du jury de la Ville de Dijon le paragraphe suivant :

" J’entendais l’autre jour avec plaisir Monsieur Jean-Michel Maulpoix, essayiste et auteur de poèmes en prose, au Mercredi des Poètes, dire que le lyrisme pouvait avoir une forme privilégiée dans le sonnet qui constitue une forme découpée dans la page, une fenêtre, un cadre où passe l’émotion des mots. Dans ces fenêtres verbales ouvertes sur les sentiments et sur le monde, les chocs autant que les douces sensations du réel se croisent dans une forme d’harmonie et de tension qui a traversé les siècles."

Notre auteur sait, en effet, nous le verrons plus loin, être lyrique, d'un lyrisme discret et en aucun cas pompier.

Il va jusqu'à manier l'enjambement dans la symétrie et le fait, par exemple, pour magnifier la mésange et le cygne :

" Mésange que j'ai vue au Parc de Sceaux porter / chance à nos promeneurs …"

" Cygne sur le bassin passant indifférent / d'être un symbole poétique…"

Et voici ce que le poète répond, dans une interview de février au journaliste Claude Bardavid qui a soulevé la question suivante :

" IL Y A TOUJOURS CHEZ VOUS CETTE VOLONTÉ DE POSER DES BORNES ET DES CONTRAINTES ET A PARTIR DE LÀ, LA PLUS GRANDE LIBERTÉ EST AUTORISÉE. "

  " Voilà, voilà. C’est les deux. Il faut à la fois avoir ces bornes sur le chemin et puis à un moment donné peut-être passer les bornes, les oublier, quitte à en retrouver d’autres plus loin sur le chemin pour ne pas s’abîmer non plus, car comme dit Raymond Devos qui voulait nous emmener dans l’imaginaire : il faut aussi savoir nous en faire " revenir ".

 

A ce sujet je pense à Charles Mauron et à sa théorie psychocritique du " moi orphique ". Celui-ci affirme, en substance, qu'il ne pas faut descendre trop profondément en soi car on risquerait de ne pas " remonter ".  Le poète se doit, par son travail, d'être aussi un artisan.

Ainsi le poète contemporain digne de ce nom travaille-t-il à trouver pour chacun de ses textes les contraintes de son et de sens nécessaires à la quête de la perfection et évite  ce danger; il ne saurait sombrer, comme tout le monde, que par " surmenage " !

Avant de voir comment le poète sait oublier les bornes, on peut ajouter qu'il a choisi les contraintes pour nous faire voyager dans tous les lieux qu'ils aiment, nous faire voyager par la musique enchantante de ces textes, par sa langue qu'il veut encore classique. On a entendu le mot " françoise", pour notre langue, mais on trouve aussi " ouvroir" et " démêloir", " gracile ", idylle" et combien d'autres.

Laurent ne veut pas rompre avec le passé; il dialogue avec lui et je prendrai pour clore cette partie " tradition" un des meilleurs exemples de sonnet lyrique au ton discret et contenu qui fait comme un écho à celui de du Bellay lui-même quand il chante pour son ami Olivier de Magny :

 

" Je chante tout le temps des rengaines faciles "

" Je chante du soleil à la lune gracile "

" Je chante à relever mon corps d'entre les morts "

 

A la suite d'Aragon, plus tard de Philippe Jaccottet ou de Robert Marteau dans Liturgie, l'auteur des lieux mêlés " surécrit " sa nouvelle conception du monde, but profond des sonnets déjà de nos grands poètes du 19°siècle.

Il s'agit bien de parler de l'intertextualité que l'on sait importée de Russie ( Michaël Baktine ) par Julia Kristeva et renommée par Laurent " surlittérature ".

Ecoutons-le encore dans l'interview évoquée plus haut :

" En dehors de la coécriture, il y a un mot qui est proche, auquel j’accorde beaucoup d’importance, qui s’appelle la surécriture, la surlittérature en fait.

En fait, c’est un mot que j’ai forgé, et qui est peut-être un petit plus littéraire qu’un concept qui existe depuis longtemps, qui a vraiment été mis à la mode par les critiques dans les années 70, à savoir l’intertextualité, le jeu des textes entre eux. En fait, avec la surécriture, c’est une écriture qui s’appuie sur les textes antérieurs, et qui considère qu’en matière d’écriture il vaut mieux ne pas faire table rase de tout ce qui a été fait, au contraire s’appuyer, jouer avec les voix, les poètes du passé pour proposer un dialogue avec, à la fois les vivants et les morts, parce qu’en fait les poètes demeurent toujours vivants; et s’appuyer sur des poètes du passé pour féconder des œuvres nouvelles, faire jouer les mots, faire jouer les phrases, faire jouer les vers, faire jouer les œuvres entre eux, ça me permet quelque chose de très important."

Ainsi a-t-il écrit le sonnet " Les Recrée " où le premier quatrain illustre bien ces propos:

" Tes regrets, Du Bellay, méritent qu'on Recrée

L'ambiance à tes sonnets, leur forme et leur talent

Ce dialogue de poètes mort ou vivants

Dont les noms pourraient former une Roseraie "

Laurent dialogue avec du Bellay qui n'est plus mais son art réside aussi, comme il le dit lui-même, dans le fait de dialoguer avec les vivants et il s'agit de parler maintenant de la modernité du recueil.

 

 

II Modernité

 

Voyons sa propre définition du sonnet contemporain qui refuse d'être figé et loin des réalités

 

 Dans le TGV Paris –Dijon notre auteur a écrit une lettre aux Poètes de l'Amitié qui organisent le prix de poésie de cette dernière ville. Il y parle

- d’un côté de la folklorisation d’une forme qui ne donnerait plus que des éléments anémiés et figées,

- de l’autre côté, qui donnerait des reprises en clin d’œil, avec toute la distance de contraintes formelles surajoutées à celles du sonnet et artificielles, sans expérience décisive de la vie même. Il ajoute qu'il croit que le sonnet est une forme pérenne, qu’on peut prendre au sérieux, ce qui n’empêche pas l’humour et l’invention, et qu'on peut l’investir totalement corps et âme en poète du vingt et unième siècle.

 

Il n'est que temps de vous parler de la méthode toute oulipienne de Laurent.

Dès que j'ai eu le livre en main, me souvenant qu'il m'avait dit écrire un vers par jour, mue par une sorte de mimétisme ou simplement parce que j'aime à compter sans cesse moi-même,

et sachant, par intuition que j'allais tomber sur un total juste, j'ajoute, je multiplie :

55 sonnets de 14 vers  = 770 vers écrits entre 2005 et 2007, je divise par deux et, eurêka, ça fait bien 365 jours. Un vers donc par jour !

Ainsi Laurent m'a bien dit la vérité et, je le dis ici, c'est le roi du jour après jour, du " Nulla dies sine linea " – pas un jour sans ligne - que les Romains appliquaient à la peinture.

 

Nous venons de parler du poète voyageur et il se définit lui-même comme tel :

     " Mes sonnets de lieux mêlés, pour lesquels chaque texte est composé au minimum dans deux endroits différents, correspondent à ce que vous avez appelé l’écriture « au fil de l’eau » et il me plaît d’être un mini Ulysse poète de micro odyssées quotidiennes pour me rendre au travail ou en balade ou « alâmaison » ".

 

  Il fait lui-même son éloge des transports dans un sonnet qu'il nomme " Les Spécialistes " et qui fait choc.

 

La suite de la lecture du recueil confirmera cette distance que Laurent sait prendre par rapport aux conventions et cet humour qui caractérisent souvent le ton du recueil; il utilise, toutes sortes de les procédés formels.

Ainsi la polysémie avec le mot " dada" qui évoque le transport préféré des tout petits et leur premier balbutiement se trouve dans le texte " Ouï : da " :

 

" Je faisais du dada dans la forêt de Rennes "

" Moi j'étais post-Dada quand j'étais rue de Seine "  

 

Les lieux, pour celui qui les aime tant, sont également le moyen de dialoguer avec l'enfance et ses lectures fondatrices ainsi qu'avec le Poète Voyant :

 

" Au lycée Lakanal aux grands arbres hautains

En parlant du Grand Meaulnes ou du livre prochain

Le Petit Chose et de beaux vers dont on s'éprenne "

 

" On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans "

 

Notre auteur, qui joue aussi avec la paronomase, a rendu hommage à Rimbaud dans un vaste ensemble qu'il a, dans sa fougueuse créativité, intitulé " les Rimbausonnades" cherchant, on le comprend bien, à évoquer cette fois un long voyage poétique.

 

La pratique, comme dans ce texte, de la citation, appelé par Nicolas Tardy, dans un opus qui vient d'être publié à Genève, " ready-mades textuels " est récurrente dans les Sonnets de lieux mêlés. J'en prendrai pour exemple le premier vers du sonnet " Amour ou Négus "où le clin d'œil scolaire ne peut l'emporter cependant sur l'heureuse référence nervalienne.

 

 " Suis-je Amour ou Phébus, Marignan ou Gascon ?" 

 

L'humour de Laurent ainsi distancie le lyrisme, le dégrise tout  en nous saoulant de répétition avec onze anaphores interrogatives - hommage à Aragon à qui il doit d'écrire - dans  le texte " Avec toi "

 

"Que serait l'or des nuit sans l'aurore des jours ?

Que seraient les coteaux sans lapins de garenne ,

Que seraient les hautes vagues sans baleines ?

Que seraient les monts pyrénéens sans les ours ? "

 

A l'opposé nous devons lire le plus bel exemple de surlittérature qui fait chute à la fin du sonnet " Dans le bleu" :

 

" Les morts qui font des trous dans le bleu de la vie "

 

J'ajouterai, émue, qu'il y a aussi ceux qui ont " deux trous rouges au côté droit ".

 

Je terminerai, comme par un feu d'artifices, cette analyse de l'art du poète; les mots, ils les maîtrise, les aime au point des les couper, de les coller, de les juxtaposer. 

A l'exemple d''Aragon et de son secrétaire et disciple Jean Ristat, il enjambe le vers pour couper en deux un mot comme " amertume " ou bien il rassemble une expression courante avec la tendresse dont il sait faire preuve comme pour "àlamaison, " àlordinateur ", " enfrance "..

Puis, à la gloire des filles, il fait comme une litanie joyeuse en juxtaposant " Hélène, Arielle, Françoise ",  qui, en trois noms propres, cette fois, ne sont qu'une même personne.

 

Le texte, bouquet de ce feu, est " Poaimer", mot-valise à faire conjuguer à tous les enfants de France.

On y retrouve, condensé ici, tout le génie de son auteur :

 

" Le verbe poaimer à tous les temps et modes

Je poaimais les mots, les phrases, et les vers

Tu poaimerais l'art en tableautins divers

Vous poaimâtes l'or sorti de vos commodes "

 

Il y a en effet en 14 vers tout ce que nous avons montré aujourd'hui:

 

" Les mots, l'amour, le mouvement et l'humour. " de Laurent Desvoux

 

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 11:47

Jonas est un ouvrage lumineux qui met en scène la vie d’un peintre assuré d’avoir une étoile et dont les disciples vont bientôt affiner le jugement.

 

Le style de Camus se montre, ici encore, d’une grande et claire fluidité ; il est, de plus, teinté avec bonheur de touches subtiles d’humour. Le sujet y est maîtrisé avec perfection et brio.

 

Jonas, homme à l’apparence imperturbable et vivant dans la joie de son activité créatrice, va devoir affronter les perturbations familiales et amicales. Les dernières pages et une fin ouverte suscitent, à mon sens, la réflexion.

 

Ainsi lirai-je avec grand plaisir l’interprétation des visiteurs qui connaissent déjà cette nouvelle de l’écrivain le plus lu de l’après-guerre avec La Peste ( 1947 ) et celle de ceux  qui, à la suite de cette brève présentation, auront eu le désir de la lire.

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 05:45

" Trop de style tue le style "

C'est comme de dire : " trop de bruit, trop de musique "car sans silence, plus de musique et par là plus d'émotion.

Une écriture trop riche reflète la peur d'un certain vide pourtant nécessaire à la respiration du texte et à celle du lecteur qui le reçoit.

Il faut dire aussi " trop d'effets, plus d'effets "comme lorsque  l'on dit:"  il est trop beau " pour un film,"  il est trop bon " pour un gâteau.

La surcharge du  style enlève ainsi tout son poids à l'œuvre d'art qui, sans être trop dépouillée, gagne à être simple et naturelle. On ne peut, sinon, parler véritablement d'art mais bien seulement d'artifice.

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